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Anomalies · Impact élevé

Président de SAS : assimilé salarié mais régime particulier

Le président de SAS ou de SASU bénéficie du statut d'assimilé salarié, avec une fiche de paie et une affiliation au régime général. Mais contrairement à un salarié classique, il ne cotise ni à l'assurance chômage, ni automatiquement à l'AGIRC-ARRCO si l'entreprise n'a pas adhéré. Un statut hybride dont les anomalies spécifiques pèsent lourd sur la retraite.

Par Claude-Henri PoitouPublié le 22 avril 2026Temps de lecture : 8 min

Le statut hybride du président de SAS

Le président de SAS (société par actions simplifiée) et le président de SASU (sa variante unipersonnelle) bénéficient d'un statut social particulier, celui d'assimilé salarié. Contrairement au gérant majoritaire de SARL (TNS rattaché à la SSI), le président de SAS cotise au régime général de la Sécurité sociale sur sa rémunération de mandataire.

Cette affiliation entraîne l'application des règles du régime général pour la retraite de base : calcul sur les 25 meilleures années, plafonnement au PASS (48 060 € en 2026), taux plein à 50 %. Mais l'assimilation au salariat s'arrête là : le président de SAS n'est pas couvert par l'assurance chômage et l'affiliation à l'AGIRC-ARRCO n'est pas automatique.

Anomalie n°1 — L'AGIRC-ARRCO non souscrite

Contrairement aux salariés ordinaires, le président de SAS n'est pas obligatoirement affilié à une caisse AGIRC-ARRCO. L'adhésion dépend d'une décision de la société lors de la création ou au cours de l'existence. Trois cas de figure sont rencontrés :

  • L'entreprise a adhéré à l'AGIRC-ARRCO et cotise normalement pour le président : situation idéale, le dirigeant acquiert des points identiques à ceux d'un salarié cadre ;
  • L'entreprise n'a jamais adhéré : aucune pension complémentaire de ce type n'est acquise, ce qui peut représenter jusqu'à 40 % de manque à gagner sur la retraite totale ;
  • L'entreprise a cessé de cotiser à un moment (mise en sommeil, changement de comptable, omission) : des périodes de trou apparaissent dans le compte de points.

Anomalie n°2 — Rémunération vs dividendes

Le président de SAS peut se rémunérer de deux manières distinctes, avec des conséquences radicalement différentes sur la retraite :

  • La rémunération de mandataire social est soumise aux cotisations du régime général et génère des trimestres + du salaire reporté. C'est elle qui « alimente » la retraite.
  • Les dividendes distribués par l'assemblée générale ne sont pas soumis à cotisations sociales salariales (contrairement au régime TNS au-delà de 10 % du capital). Ils n'ouvrent aucun droit à la retraite.

De nombreux présidents de SAS optimisent leur fiscalité en se rémunérant principalement en dividendes, parfois avec une rémunération de mandataire quasi-nulle. Résultat : aucun trimestre validé pour les années concernées, ou seulement quelques-uns — avec un impact majeur sur la pension finale.

Anomalie n°3 — Les années sans rémunération

Un président de SAS qui, pour une raison quelconque (démarrage d'activité, année difficile, congé sabbatique, projet alternatif), ne se rémunère pas pendant une année civile entière ne valide aucun trimestre cette année-là au régime général. Cette situation, banale en apparence, se cumule sur une carrière et peut représenter plusieurs années entières de durée d'assurance manquante.

Contrairement au salarié qui peut valider des trimestres assimilés en cas de chômage, maladie ou maternité, le président de SAS n'a pas accès à ces mécanismes de compensation.

Le cumul avec un PER : l'alternative patrimoniale

Face aux limites du régime général pour les présidents de SAS, le Plan Épargne Retraite individuel (PER) constitue un outil d'optimisation majeur :

  • Les versements sont déductibles du revenu imposable à hauteur de 10 % des revenus professionnels (plafond élevé pour les dirigeants fortement rémunérés) ;
  • Le capital accumulé est liquide en cas de décès ou pour l'achat de la résidence principale ;
  • À la retraite, sortie possible en capital, en rente, ou mixte.

Pour un président de SAS se rémunérant principalement en dividendes, le PER peut partiellement compenser l'absence de droits retraite générés par ce choix fiscal.

Contrôler son relevé : les points de vigilance

L'audit d'un parcours de président de SAS doit porter sur :

  1. Les trimestres validés année par année au régime général, comparés aux bulletins de salaire de mandataire ;
  2. Les points AGIRC-ARRCO le cas échéant (selon l'adhésion de l'entreprise) ;
  3. La cohérence des salaires reportés avec la fiche de paie, en particulier les primes exceptionnelles ;
  4. Les périodes antérieures dans un autre statut (salarié, gérant SARL, TNS) qui peuvent générer des bascules de régime.

Les dirigeants d'entreprise ayant opté majoritairement pour une rémunération en dividendes présentent à la liquidation une pension de base inférieure de 25 à 40 % à celle attendue au regard de leur niveau de vie, reflet direct de l'arbitrage fiscal opéré pendant leur carrière active.

Rapport DREES sur les pensions versées, édition 2024

Pour les présidents proches du départ

Deux à trois ans avant la liquidation, trois actions prioritaires :

  1. Vérifier l'AGIRC-ARRCO : si l'entreprise n'a pas adhéré, il est trop tard pour rattraper les années passées, mais des cotisations facultatives existent pour les années restantes ;
  2. Maximiser la rémunération de mandataire sur les dernières années de carrière si la durée d'assurance est insuffisante ;
  3. Anticiper les droits PER et leur stratégie de sortie.

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